Les Pierres-Noires

Les Pierres-Noires

Phare de pleine mer situé à six milles de la Pointe Saint-Mathieu, le phare des Pierres-Noires fait partie de ceux que les gardiens classent parmi les 'enfers'.

Pourtant, y vivre offre sans doute une part de bonheur. Jakez Riou, dernier gardien des Pierres-Noires, dira au micro de France Inter en quittant le phare en 1992 : 'Aujourd'hui, mon phare a le cœur sec. C'est comme si on lui avait mis un cœur artificiel. Quand j'ai fermé la porte, j'ai pas honte de le dire, j'en ai chialé'.

Toute l'architecture du phare a été pensée pour que la tour soit la plus sécurisante possible. Léonce Reynaud, son architecte, a souhaité une construction lourde, sur le modèle des forteresses médiévales. Lors de son élévation, en 1872, le diamètre de sa base et sa densité représentaient presque le double des normes appliquées aux phares précédents.

Deux naufrages en 1875

Les Pierres-Noires est le premier phare en mer à ne pas utiliser la technique de la base évasée. Malgré les efforts consentis pour baliser le secteur, le phare ne suffit pas à éloigner les navires du rocher. Par temps de brume, le 'Queen of Colonies' et le 'Ville de Bilbao' vont venir s'abîmer sur les Pierres-Noires en janvier et septembre 1875.

Le conseil général du Finistère demande alors l'installation de 'trompettes anglaises', ce qui sera fait trois ans plus tard.

Pour améliorer la visibilité du phare, une autre étape vers un surcroît de sécurité est franchie en 1891, grâce à une circulaire préconisant de peindre la tour. Les ingénieurs des Phares et balises rechignent à appliquer le texte pour ne pas défigurer leur création, mais les pressions exercées par la Marine finissent par payer.

Le phare est peint en 1910. S'il est possible de voir encore les Pierres-Noires aujourd'hui, c'est en partie grâce à Wiedemann.

Sous l'occupation, cet ingénieur allemand a proposé que les optiques soient démontées et précieusement conservées au lieu de détruire le phare.

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