Un Concarnois, pionnier des phares bretons

Un Concarnois, pionnier des phares bretons

Un Concarnois serait-il à l'origine des phares qui jalonnent les côtes bretonnes ? C'est la question posée par Jean-Michel Robert qui a réuni une documentation où il est fait état d'un projet d'éclairage du littoral par Clément Joseph Landois, sieur de Cleumeur.

En 1765, celui-ci s'inquiète en effet «des naufrages qui arrivent presque journellement» et l'intéressent si vivement qu'il a formé aussitôt le dessein de travailler à connaître la cause, cherchant par la même occasion les moyens de pouvoir les diminuer à défaut de pouvoir les éviter.

Une grande utilité pour l'Etat

Clément Landois, afféagiste de son état (il perçoit le droit dû pour chaque feu d'un village) et par ailleurs avocat, est un redoutable commerçant qui voit immédiatement le parti qu'il peut tirer de l'installation de tours à feux sur la côte pour la sûreté et la facilité de la navigation. A cet effet, il rédige un mémoire pour l'établissement de feux sur les côtes et l'adresse au duc de Choiseul, alors ministre de la Marine. 'Les cinq feux que je propose suffisent, écrit-il, malgré quelques mal intentionnés qui ont projet d'un nouveau plan auquel ils ont donné plus de force en proposant un plus grand nombre de feux qui pourraient jeter confusion sur la direction des routes, et, pour l'Etat et le commerce, des frais immenses'. Ses propositions restent sans suite. Mais Clément Landois n'est pas homme à baisser les bras. Il écrit au ministre de la Guerre, lui présentant 'un projet d'une grande utilité pour l'Etat et digne d'être présenté à un ministre qui sait réunir l'élévation des sentiments avec l'amour du bien public'.

Quatre tours bien éclairées

Les naufrages fréquents entre le raz de Fontenay -l'actuel raz de Sein- et Port-Louis «pendant l'espace de 23 lieues, occasionnent une dépopulation, intimident les négociants, arrêtent les entreprises et nuisent évidemment à l'exportation et l'importation des denrées», assure Clément Landois. Pour lui, 'quatre tours bien éclairées de cinq feux rempliront ces deux objets et rendraient la côte accessible, tant aux vaisseaux de Sa Majesté qu'à ceux de la Compagnie des Indes et aux navires de toutes les navigations. Le Concarnois propose ainsi deux feux sur la pointe du raz de Fontenay : un sur celle de Penmarc'h et un autre sur l'île de Penfret, dans l'archipel des Glénan.

L'instauration d'une taxe

Homme d'affaires avisé, Clément Landois voit dans son projet un certain intérêt financier. 'On pourrait percevoir une somme modique dans tous les ports de la Manche et du Golfe de Gascogne sur tous les vaisseaux qui entreront et sortiront des ports de cet espace». Et de souligner que, 'si le roi ne juge pas à propos d'entendre ces établissements, je m'engage à conduire à sa perfection ces travaux, pourvu que moi et les miens jouissions pendant les 40 ans de la taxe qui sera instituée'. Si le Concarnois n'a pas été suivi dans ses propositions, force est de reconnaître que les premiers emplacements décidés plus tard l'ont été d'après les projets qu'il avait présentés en 1765.

Clément Landois fait une dernière intervention auprès de Jean-Bon Saint-André, chargé de construire les feux de Penmarc'h. Mais il ne trouve pas chez ce dernier l'écoute qu'il espérait.

Amer que ses projets n'aient pas abouti et surtout d'avoir été écarté d'entreprendre les travaux, il meurt le 24 mai 1796.

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