L’île de Sein

L’île de Sein

À huit kilomètres au large de la pointe du Raz, posée entre ciel et eau, cernée par le bouillonnant chaudron océanique, une île, minuscule : Sein. Après une traversée, parfois houleuse, on s’interroge sur ce qui pousse les Sénans à vivre sur cette parcelle de terre (cinquante-huit hectares, une altitude moyenne d’un mètre cinquante) exposée et dénudée, battue par les éléments tempétueux de la mauvaise saison.

Nicolas Job / CRTB

La réponse réside dans la maison aux volets bleus, près du débarcadère. Installé dans l’ancien abri du marin, le musée raconte les faits marquants de la communauté qui, éloignée de tout secours immédiat, sait depuis toujours qu’elle ne peut compter que sur elle-même. Il souligne le tempérament de cette population démunie, autrefois redoutée des navigateurs parce que prompte aux pillages d’épaves, devenue championne du sauvetage en mer. Cette même ténacité et ce même courage ont poussé en juin 1940 les îliens à rallier l’Angleterre et le général de Gaulle, ce qui vaut à la commune le titre glorieux de “ Compagnon de la Libération ”.

Sur Sein, l’opiniâtreté se conjugue plus que jamais au présent. Si le phare au fût élancé continue à veiller sur les maigres lopins de terre cernés de murets, les maisons basses de l'île, ses ruelles étroites, les quais des Paimpolais et des Français Libres, de nouveaux défis sont à relever. Réchauffement climatique, montée des eaux, indépendance énergétique, les Sénans n’en finissent pas de se battre pour continuer à vivre sur leur île. Obstinément.

Embarcadère de Sainte-Evette : compagnie Penn ar Bed, 02 98 70 70 70, www.pennarbed.fr
et compagnie Finist’Mer (l’été seulement), 02 98 89 05 95, www.finist-mer.fr

Office de tourisme : 8, rue Victor Hugo, 29770 Audierne, 02 98 70 12 20 www.capsizun-tourisme.bzh

Texte d'Annick Fleitour extrait du hors-série Les 100 merveilles de la Bretagne (été 2017)

 

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