Huelgoat, chaos géologique et rabelaisien...

Huelgoat, chaos géologique et rabelaisien...

Galets tombés de la main d'un géant ou chaos géologique remontant à la nuit des temps, d'immenses blocs de pierre surgissent au cœur de la forêt : à l'abri du Parc d'Armorique, le site de Huelgoat attire chaque été férus de légendes et amateurs de randonnées sylvestres.

« Ici , les anciens ne veulent pas entendre parler de géologie. Pour eux, les fées existent. La nuit tombée, certains vont même à leur rencontre à la mare aux fées. Impossible de se promener à Huelgoat si vous n'y croyez pas », résume une jeune guide de l'office de tourisme.

A la sortie du lac artificiel, au bord duquel les touristes viennent déguster crêpes et cidre, la Rivière d'Argent, vestige d'une ancienne mine de plomb argentifère, se fraie un chemin sinueux au c?ur du «Chaos». Le terme, bien connu des autochtones, désigne un étonnant amoncellement de blocs rocheux, surgis des entrailles de la terre il y a des millions d'années et arrondis au fil du temps par l'érosion.

130 tonnes au bout d'un doigt

La légende veut que Gargantua, bon géant célébré par Rabelais, se soit vengé du maigre repas que lui avaient offert les habitants de la «haute forêt» (Huelgoat ou Uhel Koad en breton) en lançant, depuis le Léon (nord du Finistère) et jusqu'au Huelgoat, d'énormes galets polis par la mer.

Parcours de jeu idéal pour les enfants, ces «boules granitiques» aux formes insolites réservent plus d'une surprise à leurs visiteurs. Incontournable, La «Roche Tremblante», d'un poids de plus de 130 tonnes, se laisse mouvoir sous l'effet d'une simple pression du doigt , à condition toutefois de connaître le point magique.

Au «Ménage de la Vierge», autre curiosité mi-païenne, mi-chrétienne,  « on distingue des ustensiles de cuisine : un chaudron, une louche, une baratte à beurre et un soufflet », assure solennellement un jeune Huelgoatain. Il faut toutefois être doté d'une imagination fertile pour reconnaître ces ustensiles sculptés dans la pierre par les eaux de ruissellement.

Les amants au fond du gouffre

A quelques encablures de là s'ouvre un inquiétant gouffre. La légende raconte que Dahut, fille du roi Gradlon et de sa célèbre ville d'Ys, faisait étrangler ses amants nouvellement séduits avant de jeter leurs corps dans ce précipice.

La Grotte du Diable réserve aux promeneurs d'autres frayeurs. Cachée sous le chaos, on y descend par une mince échelle. La mousse verte et glissante rend le périple d'autant plus délicat. L'eau souterraine jaillit d'une bouche béante.Les habitués des lieux racontent qu'un paysan pourchassé par les Chouans s'y serait réfugié. Affublé de deux plumes rouges et armé d'une fourche, il aurait fait fuir ses poursuivants persuadés d'avoir rencontré l'ombre du diable avec ses cornes.

Par-delà les légendes, le site de Huelgoat attire nombre de randonneurs. D'innombrables circuits jalonnent la forêt. Ils mènent le visiteur jusqu'au «Camp d'Artus», un ancien camp militaire gallo-romain, érigé stratégiquement au sommet d'une butte au c?ur des Monts d'Arrée.

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