Mont-Saint-Michel

Mont-Saint-Michel

[...] A deux reprises, l'homme a changé sensiblement la vie du Mont. Une première fois, en 1879, une digue-route est réalisée pour desservir le rocher. Les ingénieurs, qui redoutent d'être en retard sur leur calendrier, renoncent à un tracé en courbe pour aller tout droit.

Le Couesnon, un des trois cours d'eau (avec la Sée et la Sélune) est piégé. Il est condamné à s'écouler vers l'ouest, vers la Bretagne (1). Il contribue à combler davantage encore la baie, favorisant un phénomène de poldérisation déjà encouragé aux XVIIIe et XIXe siècles, afin de gagner des terres cultivables.

Le pire se produit pourtant plus tard, dans les années 60 : un barrage est édifié sur le Couesnon. Canalisé, équipé de portes-à-flot, il est destiné à protéger Pontorson d'éventuelles inondations. Alors que certains rêvent de pédalos et d'activités nautiques sur le fleuve domestiqué, d'autres s'inquiètent des conséquences du barrage.

Le Mont est classé au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1979 et sa baie (400 km²) depuis 1987. En proie à un très fort marnage -15 mètres entre haute et basse mers- elle se comble de sédiments.

« Comme toutes les baies », retient à l'évidence Jean-François Beaulincourt. Ingénieur du BTP, réalisateur du métro de Rennes, il est aujourd'hui en charge du dossier Mont-Saint-Michel.

Jusqu'à l'édification du barrage, le Couesnon déversait ses eaux dans la baie, chassant les sédiments vers le large. Le rapport de forces a changé : 700.000 mètres cubes, 25 hectares supplémentaires d'herbus sont apportés chaque année.

Trois millions de visiteurs

Le succès touristique du Mont a fait le reste. Image destructrice que celle de 15 hectares de parkings situés au pied des remparts. Au pire (juin), le Mont reçoit 10.000 à 12.000 visiteurs par jour, 20.000 les grands week-ends. A 30 ou 40 reprises, on atteint 30.000 personnes. « L'effet des 35 heures a fait passer de 95 à 110 les jours de pointe », rapporte Jean-François Beaulincourt qui estime encore qu'à un même moment 20.000 personnes peuvent se trouver agglutinées dans l'unique ruelle du Mont. Au total, plus de trois millions de visiteurs, dont 20 % d'étrangers.

[...]

(1) Le Mont-Saint-Michel a toujours appartenu au diocèse d'Avranches. Il a, par conséquent, toujours été normand.

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