Que faire à Saint-Malo et Dinard pendant une journée ?

Que faire à Saint-Malo et Dinard pendant une journée ?

Deux joyaux d’émeraude. De part et d’autre de l’embouchure de la Rance, Dinard et Saint-Malo se font face. D’un côté la cité corsaire et ses remparts, de l’autre l’ambassadrice huppée d’un tourisme très british et ses villas de rêve.

Publié le 26/08/2020
Modifié le 27/10/2020
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© Antoine2K - AdobeStock

Rive droite, rive gauche, deux villes occupent l’estuaire de la Rance, une des plus belles rivières de France ! En face, Cézembre monte la garde, avec l’aide de quelques îlots fortifiés par Vauban. Il y a deux mille ans, ce n’était pas encore une île, mais un promontoire émergeant de la forêt de Scissy, en vis-à-vis d’Aleth, où les Gaulois commerçaient avec les Phéniciens, puis les Romains, qui s’y installèrent durablement. Plus tard, d’autres “envahisseurs” sont venus prêcher la bonne parole, dont un certain Mac Law, considéré comme le fondateur de Saint-Malo. Les incursions Vikings furent régulières. Et au début du VIIIe siècle, un cataclysme raye la forêt de la carte et donne au paysage le visage qu’on lui connaît aujourd’hui. 

  • Étonnants voyageurs

L’histoire de Saint-Malo est étroitement liée à la mer et l navigation au long cours. Course, commerce, pêche, génèrent une telle richesse que la ville doit se protéger derrière de hauts remparts, et décide même de constituer sa propre république aux alentours de 1590.  

Son ouverture sur le monde inspire de grands voyageurs comme Jacques Cartier, découvreur du Canada née à Saint-Malo en 1491 et, maintenant, le fameux festival Étonnants Voyageurs lancé par l’écrivain globe-trotter Michel Le Bris. Ce beau salon du livre attire des milliers de visiteurs amateurs de récits de voyage et séduits par ce site qui développa le tourisme dès la fin du XIXe siècle, dans le sillage de Dinard. 

La rivale de la rive gauche n’était qu’un modeste village de pêcheurs quand des aristocrates anglais jetèrent leur dévolu sur la “ perle de la côte d’Émeraude ”. Ils y édifièrent de splendides villas (aujourd’hui protégées), un casino, un tennis, un golf, bref, tout ce qu’il faut pour (bien) occuper ses vacances. Dès 1850, grands-ducs, princes et barons de l’industrie rivalisent d’orgueil en confiant la conception de leurs villas aux architectes en vogue. Adeptes de l’éclectisme, ils puisent leur inspiration dans le Moyen Âge, chez Louis XIII, dans le néo-Tudor ou le Normand, histoire d’épater le voisin. La modernité n’a pas sa place jusqu’à ce que l’architecte Michel Roux-Spitz conçoive la magnifique Villa Greystone, récemment acquise par François Pinault. On prend plaisir à les admirer en longeant le sentier des douaniers, jalonné de criques sablonneuses jusqu’à Saint-Lunaire. Le spectacle des marées - parmi les plus fortes du monde - ajoute au plaisir de la balade. Attention prudence.

  • Saint-Malo, Le tour des remparts incontournable !

Épargnés en 1944, les remparts de Saint-Malo offrent une merveilleuse balade, une boucle de 1,8 km. Le tour incontournable de la ville. À toute heure, en toute saison, on en prend plein les mirettes !

Par la porte Saint-Vincent, percée dans un mur de 7 m d’épaisseur, un escalier sous voûte nous conduit à 10 m du sol. En se dirigeant au sud, vers la Grande-Porte, on passe devant Notre-Dame-de-Bon-Secours dans sa niche. Une légende lui attribue la maîtrise du grand incendie de 1661. En marchant vers la porte de Dinan, on longe plusieurs hôtels d’armateurs : deux d’origine et douze reconstruits à l’identique après-guerre. Passé le Mole des Noires, on ressent cet appel du large qui s’est emparé de Cartier, de Surcouf, de Duguay-Trouin ou de Mahé de la Bourdonnaye, tous partis à la découverte du vaste monde. Ils ont marqué l’histoire et les remparts, jalonnés de statues en leur honneur.

Des tours, des bastions, des courtines offrent des points de vue sur le Grand Bé (où Chateaubriand repose pour l’éternité), le Petit Bé, et sur la très graphique piscine de la plage de Bon-Secours. Au nord, le Fort National semble veiller sur la plage du Sillon, classée parmi les “plus belles plages de France”.

  • Le Fort National de Saint-Malo

Fort National
Fort National ©AdobeStock

 

Accessible à pied à marée basse, le Fort National, qui fut auparavant Royal et Impérial (d’où son joli surnom de Fort Caméléon), est un des éléments fortifiés du dispositif défensif imaginé par Vauban, le grand architecte militaire de Louis XIV. Construit en 1689, ce solide bastion, qui est étroitement lié à l’histoire des corsaires malouins, a été classé en 1906 au titre des Monuments historiques. D’un grand intérêt patrimonial, ce domaine privé se loue et se visite. www.fortnational.com     

  • Le Grand et le Petit Bé

Construit malgré les difficultés, les marées et les courants, le fort du Petit Bé illustre le talent de Vauban et de Garengeau. Aucun navire ne pouvait entrer dans le port sans croiser les feux de ce dispositif majeur de la protection de la ville. Classé monument historique en 1921, il est restauré avec passion depuis 20 ans par Alain-Etienne Marcel qui l’ouvre pour des visites passionnantes et fort documentées. En chemin, passez saluer Chateaubriand, dont le tombeau tutoie l’horizon depuis le Grand Bé. Accès à marée basse. 

L'histoire des bé

En collaboration avec Bretagne Magazine

A faire, les visites guidées thématiques avec le service patrimoine. Informations à l’office de tourisme ou www.ville-dinard.fr/

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