Paule. La nécropole livre ses secrets

Paule. La nécropole livre ses secrets

Le site fortifié gaulois, qui a livré, en 1988, une remarquable statue à la lyre, continue à être fouillé entre Paule et Glomel. Cinq tombes d'une vaste nécropole ainsi que deux chapelles ont été mises au jour.

Le barde à la lyre, haut de 48 centimètres, taillé dans une pierre verte du Pays bigouden au second siècle avant Jésus-Christ, est-il à l'origine du syndrome qui hante les raveurs de Paule qui, par une étrange coïncidence, sont quelques milliers à avoir jeté leur dévolu sur ce secteur proche de Carhaix et de ses Vieilles Charrues ?

Non bien sûr. Le barde croit pouvoir avancer. Yves Ménez, qui mène un chantier de fouilles ouvert voilà 15 ans, par cette étonnante découverte, ne jouait pas davantage dans une formation. Il était plutôt un griot chantant les mérites guerriers d'un clan, d'un chef.

C'est en 1988, dans le cadre d'une fouille préventive menée sur le tracé d'une départementale, que la statue est découverte au fond d'un fossé de 4,50 mètres. L'endroit est connu sous le nom de Castel-Odic, en référence, sans doute, à la présence de larges talus. Il apparaît alors qu'il s'agit d'un ensemble fortifié de l'âge du fer, occupé entre le Ve et le Ier siècle avant notre ère puis démantelé à l'arrivée des Romains (-12 avant J.-C. à Carhaix/Vorgium).

Un chef, un clan

Plus de deux hectares et demi sont fouillés. « On pensait être en présence d'une très grosse ferme, c'est en réalité, un château fort qui est trouvé », explique en substance Yves Ménez. Un dispositif de profonds fossés, des tours, des palissades de bois forment une architecture complexe qui vient éclairer d'un jour nouveau cette période en Bretagne et dans l'Ouest.

Curieusement, à Inguiniel (Morbihan), au lieu-dit Kerven-Teignouse, un ensemble similaire est désormais bien connu. A Castel-Odic, en1996, deux nouvelles statues, une quatrième en 1997, sont exhumées. Toutes datent d'une période allant de 150 à 50 avant J.-C. De multiples découvertes - poteries, objets métalliques, monnaies - contribuent à élaborer le scénario de la présence d'un groupe humain, au minimum de 100 personnes, peut-être plus, vivant là autour d'un chef, un aristocrate, certes barbare, mais à la tête d'un clan organisé. Le chantier se poursuit au sud du site.

Deux chapelles

Ce secteur, situé en dehors de la partie habitée, n'est pas vierge.

Il est clair qu'un tumulus s'y trouvait. Les fouilles ont validé cette hypothèse. Cinq tombes en coffre, faites de pierres plates et d'éléments de bois, renfermaient des restes -dont celui d'une personne très âgée- aux crânes tournés vers l'Est ou le Sud.

Manifestement, le tumulus contient d'autres sépultures. La butte semble scindée en deux. Elle est coupée par l'emprise d'une route gauloise que les Romains ont élargi à 13 mètres entre les fossés. Cette voie menait de Saint-Malo à Quimper. Les Romains ont occupé l'endroit. Cette occupation est attestée par la mise au jour de deux petites chapelles (4 x 4 mètres et 3 x 3 mètres) qui ont livré des débris de statues, notamment de têtes de déesses, dont l'une porte un enfant emmailloté.

Sous la botte romaine

Sous la botte romaine, le site de Castel-Odic a perdu son rôle et son importance. « Il est probable que la famille qui régnait ici est partie s'installer dans une villa à Carhaix ou ailleurs ». Mais, avance encore Yves Ménez, « le site reste un lieu de mémoire; de nombreux objets en témoignent, parmi lesquels une cinquantaine de monnaies ». Le mobilier mis au jour est conséquent. Castel-Odic n'a pas fini de raconter toute son histoire.

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