Pointe du Raz, dans les bras de mon guide...

Pointe du Raz, dans les bras de mon guide...

Quelques images rappellent la tradition disparue....Les guides de la Pointe du Raz avaient l'habitude de projeter les « belles » au-dessus du vide, pour que le mari, complice, immortalise la scène. Depuis le XIX e siècle, les habitants de Plogoff font ainsi découvrir aux visiteurs les secrets de leur bout du monde. Les guides, marins retraités, avaient une lecture très particulière de leur paysage. Une exposition, d'où est tirée la carte postale ci-contre, retrace cette histoire à la Maison du Site de la Pointe du Raz...

La Pointe du Raz a toujours fasciné. Les visiteurs qui avaient les moyens de l'atteindre n'étaient pas encore des touristes au début du XIX e siècle. Ils s'offraient pourtant les services de guides pour aller jusqu'aux derniers rochers du continent.

Avec le développement du chemin de fer dans la deuxième moitié du XIX e siècle, les voyageurs vont arriver toujours plus nombreux sur les terres arides de Plogoff. « Ils faisaient alors appel aux enfants et aux bergers pour servir de guide », lit-on. Au début du XX e siècle, le tourisme se développe.

En 1909 deux hôtels sont construits à la Pointe. Les habitants de Plogoff comprennent qu'ils ont aussi un intérêt dans l'afflux de visiteurs souvent fortunés. « L'accueil » s'organise bien en amont de la Pointe. « Du port du Loch ou de la chapelle Saint-Yves, les guides guettent les touristes, prêts à sauter sur le marchepied des véhicules pour proposer une visite », lit-on.

Une Pointe en devenir

Après la Seconde Guerre mondiale, une autre époque commence. Les cinq hôtels de la Pointe ont été détruits par les Allemands. Une cité commerciale va voir le jour en 1962. Depuis 1947, c'est la mairie qui gère le « métier » de guide. Il est réservé aux marins pêcheurs et aux marins de commerce en retraite.

Un brassard numéroté, une carte d'identification, une vareuse bleue : devenir guide de la Pointe du Raz, c'est rentrer dans un corps bien organisé, aux habitudes bien réglées, qui apporte un complément de revenu non négligeable.

Au dernier rocher

Le prix de la visite est divisé en tiers : pour l'assurance, la mairie et le guide, qui peut aussi compter sur les pourboires. Cette organisation va décliner après les années 1970. André Thomas, dernier guide de cette génération, sera le seul à faire la transition avec la nouvelle organisation mise en place par le syndicat mixte de la Pointe du Raz dans les années 1990.

« Sans guide, la majorité des visiteurs ne s'aventurent pas à la Pointe, dit Jean-Yves Lautredou. Certains passages sont assez vertigineux. Arrivé sur le dernier rocher, on découvre la puissance des courants ». Le visiteur est alors réellement au bout de la Pointe du Raz, au commencement de l'Europe.

Aride et pelée...

Cette terre aride, pelée, a de tout temps attiré les visiteurs et généré des vocations de guides locaux. C'est cette aventure que retrace une belle exposition à la Maison du site de la Pointe du Raz. Elle raconte l'étrange relation nouée à la belle époque entre les rugueux pêcheurs et les gens chics descendus dans les hôtels de la Pointe. Rencontre avec trois guides de générations différentes, tous de Plogoff.

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