Les cairns, ces drôles de tumulus

Les cairns, ces drôles de tumulus

Les cairns de Gavrinis et Barnénez sont les plus réputés de Bretagne. Le premier date de 3500 avant J.-C., le second de 4.700 avant J.-C. Des traces d'un passé qui reste bien mystérieux...

La visite du Cairn de Gavrinis est une plongée dans un passé lointain, à l'époque où le golfe n'existait pas encore, où la colline de Gavrinis se joignait à pied depuis Baden. A l'époque néolithique.

Vers 3500 avant J.-C., les hommes, installés dans la région très fertile de l'actuel Morbihan, décide d'ériger un cairn (dolmen recouvert de pierres sèches) sur la colline de Gavrinis, peut-être en l'honneur d'un dieu ou d'une déesse, ou peut-être en tant que monument funéraire. Les stèles, alors taillées et déplacées pour bâtir le dolmen, pèsent plusieurs tonnes.

Symboles

Les pierres seront ensuite taillées puis gravées avec des galets de quartz, pour la plupart, de symboles circulaires très précis. Haches, cornes, crosses ou serpents sont aujourd'hui très identifiables. Pour d'autres symboles en revanche le doute persiste : est-ce un symbole de fécondité ou un symbole phallique?

Pour la dalle de couverture du dolmen, il faut aux bâtisseurs une stèle d'un granit plus dense que celui disponible à proximité. Or, de l'autre côté de la rivière d'Auray, à Locmariaquer, reposent les restes d'un colossal alignement, dressé entre 5000 et 4800 av. J.-C. et détruit par les hommes (la plus grande pierre, le menhir brisé fait plus de 21 mètres). Il n'y a donc qu'à se servir, même si le futur toit de Gavrinis fait tout de même 17 tonnes !

Gravures animalières 

La particularité de cette dalle est d'être gravée, notamment d'un animal cornu. Cette gravure apportera d'ailleurs la preuve de son origine quand on trouvera au dolmen de la « Table des Marchands» à Locmariaquer, le reste de l'animal !

Mais, du jour au lendemain, entre 3400 et 2400 avant J.-C., le cairn est brûlé et déserté. Il tombe alors peu à peu dans l'oubli. En 1830, le polymathe vannetais, M. Cossic, a l'idée de creuser le petit « cratère » de cette colline, désormais isolée par les flots. Il se retrouve alors dans la chambre ! Le cairn a très bien été conservé grâce à son insularité mais aussi du fait qu'il soit resté caché, après son évacuation aussi soudaine que mystérieuse, il y a plus de 4000 ans.

Dans un écrin de verdure

Sur la presqu'île de Barnénez, dans un écrin de verdure, le cairn de Barnénez dresse majestueusement ses pierres mégalithiques. Lui-aussi domine la Manche du haut de son promontoire.

Cette curieuse construction du fond des âges se caractérise par son aspect allongé et par son ancienneté, puisqu'il date de 4500 à 3500 ans avant J.-C. Ses longs couloirs qui mènent à des chambres funéraires peuvent être interprétés comme des espaces funéraires ou des lieux d'initiation.

Ce monument intrigue par son envergure : 72 mètres de long pour environ 20 à 25 mètres de large, selon les endroits, et  neuf mètres de hauteur. L'ensemble de ces pierres équivaut, en volume, à 6.500 à 7.000 mètres cubes et à un poids de 12 à 14.000 tonnes. Il regroupe en réalité deux cairns juxtaposés, sauvés in extremis de la destruction en 1955. La pierre est décorée d'idoles en écusson, de signes gravés en forme de V et de haches piquetées. Ce monument a également livré de nombreux silex, des tessons de poteries et des haches polies.

Rechercher un hébergement à proximité
Contenus sponsorisés