Ange Porteux, une légende la pêche

Ange Porteux, une légende la pêche

Casquette de marin éternellement vissée sur la tête, Ange Porteux a inventé des leurres qui ont révolutionné la pêche de loisir. Une légende qui a démarré il y a 104ans !

«103 ans faits! Et je pars maintenant sur la 104eannée», précise-t-il pourtant d’emblée, alors qu’il nous reçoit dans sa petite cuisine. Comme nous le découvrirons plus tard, Ange Porteux aime le travail bien fait et aller au bout de ce qu’il entreprend. Va donc pour 103 ans!

Voilà plus de trente ans qu’Ange Porteux a posé ses valises dans le quartier de Saint-Pierre, à Saint-Guénolé Penmarc’h, au pied du phare d’Eckmühl. Une bien mauvaise nouvelle pour les bars du pays bigouden, qui sont nombreux à avoir rejoint le panier de pêche de l’homme à la casquette bleue. Mais ne mettons pas la charrue avant les bœufs. C’était il y a trois décennies, et l’histoire d’Ange Porteux avait déjà commencé depuis bien longtemps.

Dessiner des baleines

«Je suis né à Gaël, près de Brocéliande, en 1914. Mes parents avaient une ferme, une petite ferme sans électricité. J’ai arrêté l’école vers l’âge de 10ans, mais l’institutrice avait vu que j’étais doué avec mes mains. J’aimais dessiner des baleines.» Ange Porteux aimait aussi attraper des petits poissons, pendant qu’il gardait les vaches, chaque été.  Ses premières prises furent des goujons et des vairons. «Je n’avais pas de canne, bien sûr, alors j’étais allé voir le châtelain du village pour lui demander une tige de bambou. Il n’avait pas voulu, j’étais donc revenu en passant sous les barbelés et je l’avais volée.» Un boucher du village voisin l’emmène tous les dimanches pêcher la truite sur la Rance.

Quelques années plus tard, le voici installé comme cordonnier à Rennes. «C’était l’époque où l’on gagnait plus d’argent à réparer les chaussures qu’à en vendre des neuves. Je me souviens qu’on démontait de vieux souliers de l’armée pour les remonter sur des semelles de bois.» Dans son échoppe, Ange Porteux écoute les ouvriers et les clients discuter de leurs parties de pêche du week-end. Lui aussi va écumer les rivières de la région. Il pêche des brochets dans la Vilaine et s’aventure jusqu’en Normandie, pour traquer le saumon dans la Sée et la Sélune, les deux rivières qui se jettent dans la baie du Mont-Saint-Michel. La pêche est devenue une passion. Et la vente de ses captures lui permet d’investir dans du bon matériel. «Je n’ai pas connu l’époque où les pêcheurs ramenaient 100saumons au cours de la saison. Mais j’en ai quand même pêché beaucoup. Le plus beau pesait onze kilos», se souvient-il. [...]

Article extrait du Bretagne Magazine N°105

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